L’Etat demande à Renault et PSA de ne pas fermer de sites en France

Les constructeurs automobiles ont été entendus. Ils seront aidés par l’Etat. Le plan de relance de l’économie, présenté par Nicolas Sarkozy jeudi 4 décembre, prévoit, en dehors d’une prime à la casse de 1 000 euros, un volet de financement du crédit.

Les filiales financières de PSA Peugeot Citroën et de Renault auront accès à près de 1 milliard d’euros, réparti quasiment à parité entre les deux, à un taux d’intérêt de 4 %.

Avec la crise financière, les deux constructeurs français peinaient à se refinancer sur les marchés. Or, en France, trois véhicules sur quatre sont achetés à crédit. Ils se plaignaient de ne pas pouvoir emprunter autant qu’ils le voulaient auprès de la Société de financement de l’économie française. Lors des premières émissions, ils n’ont obtenu que 0,5 % du total, soit 25 millions d’euros.

plus+: lefigaro.fr

Inflation: «Le pouvoir d’achat des salariés va souffrir en 2008»

Elle n’avait pas été aussi élevée depuis… 1991. L’inflation – c’est-à-dire la hausse générale et durable des prix – atteint 3,3% en un an, et les prix à la consommation ont augmenté de 0,5% en mai par rapport à mai 2007, a annoncé l’Insee ce mercredi. Une forte inflation qui «provient principalement du renchérissement des produits pétroliers, mais aussi, de manière saisonnière, de celui des produits frais et des autres services», indique l’Institut national de la statistique. Décryptage, avec l’aide d’Elie Cohen, économiste au CNRS.

A quoi l’inflation est-elle due? Malgré un ralentissement de l’économie en Europe et aux Etats-Unis, les pays émergents tirent vers le haut la consommation de pétrole, entraînant une hausse des prix. Le taux de change du dollar n’est pas non plus étranger à ce phénomène. «Plus le dollar baisse, plus les pays producteurs de matières premières augmentent les prix», explique Elie Cohen. Et ce, pour compenser le manque à gagner. Le cercle vicieux s’amorce: le prix du pétrole ne cessant d’augmenter, il attire les investisseurs et devient objet de spéculations. Le pétrole devient alors une «valeur refuge». «Les investisseurs préservent leurs actifs en investissant dans les matières premières» poursuit Elie Cohen.

Est-ce grave? «L’accélération de l’inflation ne s’est pas encore diffusée sur le reste de l’économie, tempère Elie Cohen. Historiquement, ce qui fait peur, c’est la répercussion de la hausse des matières premières sur les prix et les salaires comme dans les années 1970.» En somme, il faut à tout prix éviter «l’emballement inflationniste».

Comment endiguer le phénomène? Difficile à l’échelle de la France d’agir. C’est à la Banque centrale européenne (BCE) d’intervenir. «Le pari de Jean-Claude Trichet est d’ augmenter les taux d’intérêts.» Le but: stimuler l’épargne, limiter la consommation et l’endettement. Dans le même temps, la demande d’importations et donc de matières premières baisserait.

Quel impact cela peut-il y avoir pour les consommateurs? Il s’agirait aussi de bloquer la hausse des salaires. «La hantise de la BCE, c’est d’entrer dans une spirale de hausse des prix et hausse des salaires, insiste Elie Cohen. Pour éviter cela, il faut geler les salaires. Les autorités pourraient réussir à refroidir l’inflation sur quelques trimestres.» Dans ce contexte, les salariés pourraient encore être ceux qui trinquent. «Le pouvoir d’achat des salariés va souffrir en 2008», confirme Elie Cohen.

Et si cette solution ne fonctionne pas? «Nous pourrions aboutir à un scénario de stagflation. Nous aurions un maintien de l’inflation, avec une moindre croissance et une stagnation des salaires, c’est-à-dire, une nouvelle perte du pouvoir d’achat», conclut Elie Cohen.